Chère Eve, chère Dorothée

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De et par Eve Nuzzo et Dorothée Volut.
Création sonore Boris Bruguière.
Coproduction : Le paradis-Galerie Verbale, Périgueux (résidence de création).

2003-2017, quatorze ans de correspondance entre deux femmes.
Une amitié qui s’approfondit au fil des semaines, des mois, des années.
Deux tranches de vies qui se questionnent et se répondent tous azimuts.
Question d’amour et de création, aveux, prise de conscience, désillusions, pirouettes et grandes enjambées : elles tentent de débroussailler une matière de vie qui toujours échappe.
Face aux montagnes d’incompréhension et à une volonté qui a du mal à désarmer, reste le quotidien. Ce qui se vit au jour le jour. Un geste, une rencontre, des mots, quatre saisons, la couleur du temps.
Courriers, mails, cartes postales, SMS se tressent et laissent place à la simplicité de ce qui est dit. Deux voix se modulent et dessinent un chemin de quinze années. De 30 à 45 ans.

La parole se prolonge parfois en musique, le chant accompagnant les deux parcours.
Deux aiguilles perdues dans le grand foin du 21ème siècle qui, à leur manière, cherchent à réinventer la théorie de la relativité.

 

Nous nous sommes rencontrées Dorothée et moi en l’an 2000 sur le projet « Permis de construire », une création collective sur la mémoire ouvrière dont Dorothée était co-metteuse en scène. Elle sortait des Arts Déco, l’écriture tenait déjà une place importante pour elle (tu m’arrêtes si je me trompe, Dorothée). Je quittais l’architecture et la scénographie pour m’aventurer sur scène. Curieusement, pour des raisons différentes, les deux parigottes se sont exilées dans le Sud-Est : Dorothée à Marseille, moi à Nîmes.

En 2002, Dorothée a pris les rennes d’une création « Le voyage en Italie ou la valise de M. et Mme Durand », à partir d’une valise qu’elle avait trouvée à la porte de son immeuble, contenant des lettres et des dépliants touristiques d’une famille des années 60. Autour d’une camionnette, qui nous servait de scène et de décor, nous y jouions le rôle de spécialistes de l’histoire familiale. Nous étions programmés en 2003 à Avignon au théâtre de la Manufacture, mais le festival a été annulé et nous sommes partis sur les routes du Larzac et des Cévennes pour jouer puis parler de tout cela (la place de l’artiste, l’intermittence…) avec le public (quelle énergie Dorothée, tu te rends compte?).

Dorothée a creusé le sillon de l’écriture et de la poésie, a publié pas mal, mine de rien (livres et revues), et animé des ateliers d’écriture. Moi j’ai joué pour des petites compagnies nîmoises, quelques formes plus personnelles, et animé des ateliers de théâtre.

Nous avons fait le saut à la campagne pratiquement en même temps (tu me dis hein Dorothée si je yoyotte), Dorothée dans le Verdon et moi en Dordogne. Dorothée a eu un petit garçon et moi un petit poulailler.

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